Les 7 clefs pour accompagner un maximum son leader


Professionnel entre 1994 et 2001, c'est assez peu finalement... Pascal Hervé à commencé tardivement sa carrière mais a réussi le pari de se rendre indispensable dans les différentes équipes qu'il a fréquenté. Lieutenant, bras droit, de Richard Virenque chez Festina, il a réussi à épauler mieux que personne son leader. Finisher de 10 grands Tours, vainqueur d'une étape sur le Giro, sur le Dauphiné, Top 5 dans cette course et 12ème du Tour de France en 2000, il énumère pour Bike'N Connect les éléments essentiels pour être un excellent soldat au service de son leader !

<<  Je n'avais pas un gros bagage scolaire, j'étais imprimeur de métier >>

 

Bonjour Pascal, peux-tu nous rappeler brièvement ton parcours et ton éclosion pro tardive?


J'ai commencé tôt et tard le cyclisme (rires). J'ai effectué mes classes en minimes, puis cadet et enfin junior. J'ai effectué une coupure et suis revenu tardivement dans le circuit... Je n'avais pas un gros bagage scolaire, j'étais imprimeur de métier. Mais la vie a fait que j'ai eu le choix. Imprimeur, c'était une très belle profession, mais grâce au sport je pouvais faire quelque chose que j'aime par dessus tout, voyager.

J’ai donc tenté le coup. Précisément à mes 24 ans. J'ai intégré rapidement L’Équipe de France, j'ai fais les Jeux Olympique de Barcelone. Bruno Roussel, directeur Sportif chez Festina m’a fait confiance...

<< Richard n'était pas un fou de l’entrainement >>

 

Tu es considéré comme l'ami et le lieutenant de Richard Virenque.  Parle-nous de ta relation avec lui.


Ah Richard... Nous nous voyons moins, mais nous sommes toujours très proches, grâce aux réseaux sociaux. Des anecdotes j'en ai énormément, mais celle là est intéressante.

Richard n'était pas un fou de l’entrainement, ça nous pouvons le dire. Mais il avait une grosse capacité à se faire mal pendant les courses.

Un jour, en pleine reconnaissance d'une étape du Tour de France dans les Pyrénées, je menais le train et Richard Virenque n'arrivait pas à me suivre. Emprunté, collé à la route c'était terrible et pas franchement rassurant à quelques semaines de l'épreuve. Il a suffit qu’une personne en voiture le reconnaisse et lui crie dessus et le rapport de force c'était inversé, c'est moi qui n'arrivais plus à le suivre. C'était un homme discret mais qui aimait les gens et qui faisait tout pour leur donner du plaisir sur son vélo.

 

<< Et j'ai plutôt préféré être un bon équipier qu'un petit leader. >>

 

Quelles sont pour toi les clefs essentielles pour être un bon lieutenant et accompagner au mieux son leader ?

A mon époque, soit tu étais un leader soit tu te mettais à leurs services. Et j'ai plutôt préféré être un bon équipier qu'un petit leader. Ce qui ne ma pas empêché de gagner des courses.

La première des clefs essentielles c'est de ne pas négliger le résultat. Faire le job jusqu'au bout, ne jamais abandonner son leader trop tôt. Il faut se faire mal ! Mais en se dépassant, on progresse. Plus le leader a d’équipiers dans les derniers km plus c'est facile pour lui.

Il faut ensuite avoir l'esprit de gagneur. Ne pas faire n'importe quoi, avoir du sang froid.

Il faut ensuite bien entendu aimer son leader, avoir une relation particulière avec lui. La fraternité et l'amitié sont importantes dans ces cas là.

Être un homme de l'ombre n'est pas forcément une bonne chose, car en accompagnant le leader jusqu'au bout, automatiquement tu vas te montrer et peser sur la course.

Il faut ensuite savoir gérer l'échec. Il m'est arrivé de ne pas être aux côtés de Richard Virenque lorsque nos adversaires étaient en surnombre. J'ai eu le sentiment de manquer à mon job.

Il faut donc accepter les réprimandes et repartir à fond.

Mais il faut savoir aussi dire les choses. Parfois ton leader n'est pas à la hauteur et c'est important de crever l'abcès. Mais dans le cas de Richard, il trouvait toujours une motivation et était constamment en capacité à te faire rebondir.

 

<< J'ai ouvert mon centre d’entrainement et dévaluation du sport qui s'appelle Peak Centre >>

 

Parle-nous de ta reconversion.

Ma reconversion est aujourd'hui accès autour du vélo, mais aussi dans le sport en général.

J'ai ouvert mon centre d’entrainement et d'évaluation du sport qui s'appelle Peak Centre ( peakcentremontreal.com ) et qui est basé à Montréal. 

Je suis aussi une des égéries de Bike'N Connect et je couvre ici le Canada pour l'application. Je connais bien Yoann Bagot, le cofondateur de votre application. Il est d'ailleurs venu me voir en Novembre dernier. J’ai commencé ma carrière professionnelle avec son père Jean-Claude. Je lui envoi des petits mots, c’est un très bon coureurs, il va faire une belle saison 2019.

 

<< Finalement je fais comme lorsque j'étais coureur pro ! >>

 

Que penses-tu de l'application ?

L'appli a de l’avenir. Nous sommes tous parti s’entrainer tout seul à moment donné… avec  Bike'N Connect désormais c'est fini. Et on peut même trouver ses courses maintenant. Finalement je fais comme lorsque j'étais coureur pro ! Je tente d'emmener Bike'N Connect le plus haut et le plus longtemps possible et de la faire gagner !

Publié dans Default Category 12/01/2019, 17:50

commentaires (2)

Pas de login
  • Pierre Micheau
  • Mohamed Rokia